La demande de recours collectif a été déposée lundi par un client new-yorkais de Stubhub qui utilisait le site pour l’achat de billets. Ce dernier soutient que la compagnie maintiendrait des pratiques trompeuses et ferait de la fausse représentation en se présentant comme comme ”le principal marché en ligne où les fans peuvent acheter et vendre des billets”.
Le poursuivant, Louis Sanquini, accuse l’entreprise et son PDG de soutenir et de financer en coulisses des revendeurs professionnels à grande échelle, alors que la plateforme est censée faciliter les transactions directes entre particuliers. Il soutient que les clients de Stubhub se sont fait flouer en se faisant dire que la plateforme était neutre.
Cette demande de recours collectif survient quelques jours seulement après que CBC eut révélé que le PDG de Stubhub, Eric Baker, avait inscrit dans des documents déposés devant la Securities and Exchange Commission des États-Unis (SEC) – l’équivalent de l’Autorité des marchés financiers au Québec (AMF) – qu’il administrait Andro Capital. Ce fonds d’investissement revendrait pour des millions de dollars de billets sur StubHub, ce qui constituerait un conflit d’intérêts flagrant.
L’avocat du poursuivant, Kevin Steinberg, insiste que les consommateurs méritent de la transparence et de l’honnêteté de la part de Stubhub, qu’ils utilisent pour l’achat et la revente de billets.
”Le fait que les défenderesses n’aient pas déclaré ce conflit d’intérêts, tout en affirmant que StubHub était une plateforme de transactions directes entre les clients, a trompé le plaignant et le groupe tout en leur faisant payer un prix et en leur faisant accepter des conditions qu’ils n’auraient pas acceptées s’ils avaient su la vérité”, écrit-il dans la demande de recours collectif.
Le reportage de CBC dévoile aussi que Stubhub aurait conclu une entente avec une filiale d’Erik Baker pour financer d’autres revendeurs à grande échelle afin de les aider à acheter et revendre de grandes quantités de billets sur Stubhub.
Cela aurait pour effet de faire grimper les prix des billets au grand désespoir des consommateurs.
Des milliers de billets annulés pour la Coupe du monde FIFA
Récemment, la plateforme internationale de revente s’est également attiré les foudres de partisans de soccer alors qu’elle a annulé des milliers de billets pour la Coupe du Monde de soccer de la FIFA. Elle s’est ensuite défendue en précisant qu’elle n’est qu’une plateforme technologique qui n’achète, ne possède, ni ne revend de billets. La plateforme aurait autorisé la vente de billets spéculatifs, c’est-à-dire des billets mis en vente par des revendeurs qui ne les possédaient pas encore. Cette pratique très douteuse est décriée par plusieurs et avec raison. Des vendeurs auraient également annulé leurs transactions afin de remettre en vente leurs billets ensuite à un prix supérieur pour faire plus de profits. Résultat : Les acheteurs se sont retrouvés les mains vides. Stubhub a promis de les rembourser ou de leur offrir des billets de rechange au même prix via sa politique de protection des acheteurs, mais la disponibilité était désormais quasi inexistante et les prix avaient triplé. Des partisans de soccer de partout à travers le monde ont ainsi perdu leurs billets de match, après avoir déboursé d’importantes sommes d’argent pour le transport et l’hébergement.
Un nombre important de plaintes a été déposé à la Federal Trade Commission des États-Unis (FTC) et au Bureau de la concurrence du Canada après ces malheureux incidents. L’agence de protection des consommateurs de la Colombie-Britannique, où se déroulaient quelques matchs de la Coupe du Monde et le bureau du procureur général du Texas, autre État qui accueillait des matchs, ont d’ailleurs lancé des enquêtes formelles sur la situation.
Ce n’est pas la première action collective intentée contre Stubhub. En février dernier, le site de revente de billets a payé une indemnité à plusieurs consommateurs qui ont acheté des billets sur son site web entre 2012 et 2019.
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Pendant ce temps, Ticketmaster garderait maintenant des billets pour remettre en vente plus tard afin de contrôler la demande.
[Via Radio-Canada]


