Ticketmaster garderait maintenant des billets pour remettre en vente plus tard afin de contrôler la demande

Derrière le fameuse “Blue Dot Fever” de Ticketmaster, ce n’est pas nécessairement la demande qui s’effondre. Il s’agirait plutôt d’un jeu de gestion de la rareté soigneusement mis en scène.

Depuis quelques semaines, le terme “Blue Dot Fever” circule partout dans l’industrie. Les petits points bleus sur les plans de salle de Ticketmaster sont devenus le symbole d’un malaise, alimenté par une inquiétude grandissante entourant les nombreuses annulations récentes de tournées et de festivals.

Officiellement, Live Nation et Ticketmaster rejettent l’idée d’un ralentissement dans l’industrie. Les chiffres sont bons, les revenus montent et le message est clair : tout va bien.

Au premier trimestre 2026, Live Nation a enregistré des revenus records, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12% à 3,79 milliards US$. Générant cependant une perte nette de 389 millions US$ en raison d’une provision de 450 millions US$ liée à des frais de justice.

La vraie question ne se situe donc peut‑être pas du côté de la demande, mais plutôt dans la façon dont les billets sont mis en marché.

En fait, ce que la “Blue Dot Fever” révèle surtout, c’est à quel point les plans de salle que consultent les fans ne sont pas toujours le reflet de l’inventaire réel. 

Les “holdbacks” font partie du jeu depuis toujours. Ce sont les billets volontairement retenus par les promoteurs et les artistes pour les préventes, les partenaires, la production ou pour des remises en vente ultérieures.

Par contre, le gros problème, c’est quand cette pratique devient un outil de perception de la rareté.

Concrètement, les fans essayent d’acheter des billets dès la mise en vente, voient très peu de sièges disponibles, paniquent, et achètent à gros prix. Et puis, quelques semaines plus tard, de grosses quantités de billets réapparaissent, souvent à prix moindre.

C’est exactement ce qui a été observé pour certains concerts de la tournée Bon Jovi Forever Tour, ou encore avec Rüfüs Du Sol pour ses concerts prévus au Madison Square Garden en juin prochain.

Dans un contexte où les billets sont de plus en plus dispendieux, cette stratégie devient risquée. Quand la demande est forte, la rareté fait le travail. Quand elle l’est moins, les sièges vides restent là, bien en vue, et ils racontent une tout autre histoire.

Le malaise du “Blue Dot Fever” ne serait donc pas provoqué par une industrie en difficulté, mais plutôt par un modèle basé sur l’information partielle et une fausse rareté qui commence tranquillement à montrer ses limites.

Et si les fans avaient compris que “sold out” ne veut pas vraiment dire que le concert est complet.

Et si les fans avaient compris qu’ils peuvent tout simplement attendre avant d’acheter.

Et si c’était cette nouvelle réalité qui poussait les promoteurs à annuler tournées et festivals, constatant des ventes initiales faibles. 

Peut-être que c’est cette réalité qui devrait inquiéter l’industrie du spectacle, dans une période où la confiance des spectateurs commence sérieusement à se fragiliser.

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Pendant ce temps, les artistes rap sont en train de disparaître des festivals en raison des assurances.