Alors que des tournées majeures et des festivals sont annulés les uns après les autres, l’industrie du spectacle fait face à un sérieux retour à la réalité après la frénésie post‑pandémie.
Dans l’industrie, une nouvelle expression circule depuis quelques semaines : la “Blue Dot Fever”. L’expression étant née des plans de salles Ticketmaster remplis de petits points bleus représentant les billets invendus.
En 2026, ce phénomène est plus important que jamais alors que les promoteurs apprennent à la dure que la lune de miel post-pandémie est terminée, et qu’il n’est pas possible de vendre des billets à prix de fou pour tous les artistes.
Si certains artistes réussissent à remplir les stades à des prix exorbitants, c’est parce qu’ils évoluent dans une catégorie à part. On n’a qu’à penser à Taylor Swift ou Bruno Mars.
Une partie du problème vient du fait que trop de tournées sont planifiées et tarifées, comme si les artistes jouaient tous dans la même ligue que les mégastars. Or, ce n’est pas le cas. Les fans s’en rendent compte, et surtout, ils n’achètent pas.
Dans les dernières semaines, les signaux sont de plus en plus clairs. Post Malone, Meghan Trainor, The Pussycat Dolls, Kid Cudi : les annulations s’enchaînent, souvent justifiées par des raisons personnelles, de santé ou de “réajustement de tournée”.
Post Malone a annulé plusieurs dates de sa tournée Big Ass Stadium Tour avec Jelly Roll, expliquant qu’il avait besoin de plus de temps pour terminer de nouvelles chansons. Tandis que Pussycat Dolls a annulé la quasi-totalité de sa tournée 2026 en Amérique du Nord après avoir fait “un examen honnête” de la situation.
Mais les raisons réelles sont claires pour tout le monde : des ventes trop faibles, des salles trop grandes et des prix trop élevés.
Voici quelques exemples récents du “Blue Dot Fever” :


Plusieurs promoteurs agissent comme si chaque tournée était un événement mondial rare. Résultat : des billets à 250$ ou 500$ pour des artistes qui remplissaient des théâtres à 50$ quelques mois plus tôt, des amphithéâtres à moitié vides, et des fans frustrés qui n’ont plus les moyens d’aller voir leurs idoles en spectacle.
Le prix démesuré des billets ne pénalise pas seulement les fans, il fait mal à tout l’écosystème de l’industrie du spectacle.
Des prix élevés donnent une image prestigieuse aux tournées, jusqu’à ce que le marché décide de dire “non”. C’est à ce moment que les prix de revente s’effondrent et que les promoteurs commencent discrètement à baisser leurs prix. Et puis, si la situation devient catastrophique et qu’il y a trop de “Blue Dots” sur Ticketmaster, les dates disparaissent pour “réajuster la tournée”.
Le message est pourtant simple, ici comme ailleurs : mieux vaux une salle pleine à un prix juste qu’un amphithéâtre vide à prix “premium”.
Les promoteurs doivent commencer à réserver des salles en fonction de la demande réelles, et ils doivent également comprendre que d’annuler une tournée (après la mise en vente) n’est pas une décision banale et sans conséquences.
Si les promoteurs et les artistes ne s’ajustent pas, la “Blue Dot Fever” risque de devenir chronique.
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Pendant ce temps, plusieurs concerts ne vendent pas du tout à Place Bell en ce moment.