Un scénario presque jamais vu dans le milieu des festivals québécois qui laisse plusieurs commerçants avec d’importantes pertes financières.
C’est une situation plutôt exceptionnelle qui s’est produite lors de la première édition de Laval-En-Folie 2026 qui devait se tenir du 17 au 20 septembre dernier.
Alors que l’événement était toujours en cours, les organisateurs ont annoncé l’annulation des activités prévues pour les deux dernières journées, mettant fin au festival en raison de difficultés financières.
Sur son site web, l’organisation a indiqué que des “circonstances hors de [son] contrôle” l’obligeaient à cesser ses activités, tout en précisant que les détenteurs de billets en prévente seraient contactés dans les prochaines semaines.

Moins de 10% des billets vendus
D’après les informations rapportées par le Journal de Montréal, moins de 10% des billets auraient trouvé preneur rendu à la mi-chemin de l’événement. Les organisateurs auraient initialement espéré attirer jusqu’à 20 000 visiteurs sur quatre jours.
Le cofondateur Jean-Philippe Nelson a expliqué que le manque de financement public avait contribué à l’échec de son événement. Il a également blâmé le manque d’attractivité des artistes et des commerçants qui participaient à la première édition de son festival.
Toujours selon le JDM, une demande de soutien financier aurait été déposée auprès de la Ville seulement une semaine avant le début du festival. D’autres demandes auraient également été déposées, mais elles ne respectaient pas les critères d’admissibilité.
Ces explications risquent de faire réagir certains collaborateurs, alors que les artistes avaient été sélectionnés par l’organisation elle-même et que plusieurs commerçants avaient investi des centaines, voire des milliers de dollars, pour participer à l’événement.
Ci-dessous, une déclaration publiée sur le compte personnel de M. Nelson :
Des commerçants dénoncent d’importantes pertes
Plusieurs des commerçants et restaurateurs participants ont appris l’annulation seulement quelques heures avant la fermeture définitive du site.
Certains locateurs de kiosques auraient réalisé à peine quelques dizaines de dollars en ventes, encaissant des pertes qui se sont élevées, dans certains cas, à plus de 4000$.
“C’est le pire événement en dix ans. Ça a été une catastrophe”, a raconté Éric Desjardins, copropriétaire du food truck de Poutine Factory.
Voici une vidéo prise sur le site du festival vendredi dernier :
Après avoir déboursé 500$ pour avoir un kiosque sur place, la propriétaire de l’entreprise Les Mères Veilleuses, Annabelle Duquette a déclaré : “C’était vendu comme l’équivalent du festival des Montgolfières ou du festival de Saint-Tite, […] mais les tentes étaient presque vides. Il n’y avait personne”.
Une programmation qui misait sur des artistes québécois

Le festival proposait une programmation variée répartie sur quatre jours.
Plusieurs artistes et DJs québécois devaient notamment monter sur scène, dont Sofia Duhaime, Julyan, Senny Rolls, Blynk, High Klassified, Reney Ray, Entre-Deux et La Grand-Messe.
L’événement offrait également diverses activités, dont des ateliers de danse, du live painting, des concours de sauces piquantes ainsi qu’une course de tracteurs à gazon.
Une situation rarissime au Québec
Les festivals qui traversent des difficultés financières ne sont pas rares, surtout dans les dernières années.
Cependant, l’annulation complète d’un événement en plein milieu de celui-ci demeure exceptionnelle dans l’industrie événementielle québécoise.
Espérons maintenant que les commerçants pourront être dédommagés.
La situation demeure préoccupante alors que les cofondateurs ont déclaré au JDM qu’ils avaient investi 250 000$ de leur argent personnel dans le projet qui risque aujourd’hui de les mettre en faillite, les empêchant de rembourser les commerçants et les restaurateurs.
*
Pendant ce temps, le Festival Western de St-Tite fait ses premiers commentaires après les tristes incidents et les blessés.
[Via Le Journal de Montréal]