La poursuite a été déposée en mai 2024 par le département de la Justice des États-Unis (DOJ) et les procureurs généraux de plus de 30 états américains. Elle vise à démanteler la société Live Nation qui aurait créé un monopole illégal dans l’industrie de la billetterie.
Le procès très attendu de Live Nation a débuté hier à Manhattan avec les déclarations d’ouverture des deux parties.
Le ministère de la Justice américaine accuse le géant du divertissement d’exercer un contrôle excessif sur le secteur, mais les avocats de la société ont affirmé qu’elle “ne détenait aucun pouvoir de monopole”.
Ticketmaster conserverait une commission moyenne de 7,58$ sur chaque billet pour les événements organisés dans les grandes salles de concert, a déclaré mardi un avocat représentant l’État de New York.
Les procureurs fédéraux ont également affirmé que Live Nation et Ticketmaster avaient “illégalement utiliser leur position monopolistique à leur propre avantage” au détriment des artistes, des fans et des salles de spectacle.
“Aujourd’hui, le secteur de la billetterie de concerts est en crise, et même le secteur des concerts lui-même est en crise. Il est contrôlé par Live Nation.” a déclaré David Dahlquist, avocat du ministère de la Justice.
D’après les estimations d’un expert citées par Jonathan Hatch, avocat pour l’état de New York, Ticketmaster prélèverait une commission plus élevée que ses concurrents américains comme AXS. Les fans auraient payé leurs billets trop cher selon Hatch, soit entre 1,56$ et 1,72$ de trop par billet.
Les avocats de la poursuite ont aussi mis en lumière les problèmes rencontrés par les fans souhaitant acheter des billets pour la tournée Eras de Taylor Swift en 2022, alors qu’un grand nombre fans s’étaient vu refuser l’accès à la billetterie.
Selon Dahlquist, ces problèmes seraient dus au prétendu monopole de Live Nation, qui, faute de concurrence majeure, ne se souciait pas suffisamment du niveau technologique nécessaire au bon fonctionnement du site. “Leur technologie tient avec du duct tape“, a-t-il déclaré.
De son côté, Live Nation se défend d’être un monopole et explique être dans un marché très compétitif. David Marriott, avocat de Live Nation, a déclaré que Ticketmaster perçoit environ 5% du prix des billets en commission. Précisant que l’entreprise n’est pas en situation de monopole et fait face à une concurrence féroce.
“Chaque client que nous obtenons est le fruit d’une bataille acharnée sur un marché concurrentiel”, a-t-il ajouté.
Le procès se poursuit cette semaine, et plusieurs témoins d’importances sont attendus. Kid Rock et Ben Lovett de Mumford & Sons devraient témoigner, ainsi que des dirigeants de sociétés de billetterie concurrentes, et de salles de spectacle. Évidemment, de nombreux dirigeants de Live Naton et Ticketmaster sont également attendus, incluant le PDG de Live Nation, Michael Rapino.
Le procès pourrait mener au démantèlement de Live Nation et de Ticketmaster aux États-Unis, ou au versement d’indemnités aux acheteurs de billets américains. Ironiquement, c’est le gouvernement américain qui avait lui-même autorisé la fusion des deux entités en 2010.
Il sera intéressant de suivre le déroulement de ce procès alors que son dénouement pourrait avoir des impactés directs sur les fans de musique canadiens.
Si le gouvernement américain gagne le procès, les changements apportés aux États-Unis pourraient fort probablement s’appliquer par la bande aux opérations canadiennes des deux sociétés.
Par exemple, les artistes n’organiseront pas deux tournées distinctes (États-Unis et Canada), mais considéreront fort probablement le continent nord-américain comme un tout, géré sur la même plateforme de billetterie et par les mêmes promoteurs. Comme c’est déjà la cas actuellement.
*
Pendant ce temps, il y a déjà les passes du Festival d’été de Québec 2026 sur des sites de revente.
