Après les États-Unis, c’est maintenant au tour de l’Europe de s’interroger sur le pouvoir monopolistique de Live Nation.
Au Royaume-Uni, un rapport du Business and Trade Select Committee de la Chambre des communes vient de mettre au jour les pratiques du géant du spectacle, évoquant un véritable “climat de terreur” dans l’industrie musicale.
“Nous avons de profondes inquiétudes quant à savoir si la concurrence dans le secteur fonctionne désormais équitablement pour les fans, les artistes, les salles de spectacle et les promoteurs indépendants.” peut-on lire dans le rapport.
Selon les parlementaires britanniques, il y a des préoccupations concernant les trois indicateurs standard de domination du marché établis par le Competition and Markets Authority (CMA), l’équivalent britannique du Bureau de la concurrence au Canada.
Plus précisément, ces indicateurs évaluent si une entreprise détient une part de marché substantielle, si ses concurrents peuvent lui faire concurrence de manière réaliste et si les consommateurs ou les fournisseurs sont enfermés dans son écosystème.
Live Nation aurait donc franchi un seuil de domination inacceptable dans l’industrie du spectacle. De la promotion, aux salles, en passant par la billetterie (primaire et revente), la gestion des artistes et les festivals, le géant est maintenant partout au Royaume-Uni.
Le rapport souligne également que de nombreux acteurs du milieu ont demandé à témoigner anonymement, par crainte de représailles. Un signal très inquiétant, qui pousse aujourd’hui le comité parlementaire à réclamer une enquête formelle du CMA.
Cette pression qui monte au Royaume-Uni rappelle des débats déjà bien présents ailleurs, notamment ici au Canada.
Aux États-Unis, Live Nation a récemment été reconnu coupable dans un procès antitrust lié aux pratiques de Ticketmaster. Accusée d’abuser de sa position dominante dans l’industrie du spectacle, l’entreprise a accepté une entente à l’amiable avec le Département de la Justice des États-Unis. L’accord ne prévoit toutefois pas la séparation de Live Nation et Ticketmaster, et plusieurs États américains poursuivent toujours leurs actions en justice.
Ailleurs dans le monde, certains pays ont déjà tenté de reprendre le contrôle de l’industrie dominée par Live Nation. En Irlande, une loi interdit la revente de billets au-delà de leur valeur nominale depuis 2021, une mesure qui a freiné la revente sur les grandes plateformes comme StubHub et Ticketmaster, sans toutefois éliminer complètement le phénomène.
Les ventes se sont déplacées sur des sites non réglementés ou hébergés à l’étranger, soulevant des questions sur l’efficacité réelle de ce modèle.
Une approche similaire existe en Ontario, où la revente à prix majoré est également encadrée par une loi récemment entrée en vigueur.
Si ces mesures visent à mieux protéger les consommateurs, elles montrent aussi que la réglementation, à elle seule, ne règle pas tous les déséquilibres d’un marché dominé par quelques géants.
Des deux côtés de l’Atlantique, une chose est claire : Live Nation est maintenant au coeur d’un débat important sur l’avenir de l’industrie du spectacle.
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Pendant ce temps, Ticketmaster chargeait de grosses commissions sur les billets payés trop cher par les fans.
