Les Québécois boudent en grand nombre la musique du Québec sur les plateformes de streaming

Les Québécois boudent en grand nombre la musique du Québec sur les plateformes de streaming

La parution de nouvelles statistiques relance le débat sur l’avenir de la musique québécoise sur les grosses plateformes, comme Spotify et Apple Music.

Malgré une scène musicale reconnue et des artistes capables de remplir les salles et les festivals partout dans la province, la musique québécoise représente encore qu’une infime part des écoutes sur les plateformes de streaming. 

Un constat préoccupant, et récurrent dans les dernières années, qui inquiète plusieurs intervenants de l’industrie musicale québécoise.

Selon un récent article de La Presse, basé sur des données de la firme Luminate et des analyses de l’ADISQ, seulement 7% des écoutes en streaming au Québec en 2025 impliquaient des artistes québécois, toutes langues confondues.

Plus frappant encore, les chansons québécoises en français ne représentaient que 5% des écoutes, alors que les chansons francophones provenant de l’extérieur du Québec représentaient 4% du marché.

La comparaison avec certains autres pays est également révélatrice des habitudes particulières des Québécois.

En France, ce sont près de 50% des écoutes qui sont consacrées à des artistes locaux, alors qu’en Suède et au Royaume-Uni, cette proportion approche les 30%.

Les Américains écoutent la musique de chez eux dans une proportion avoisinant les 65%, alors que les champions mondiaux sont l’Inde et le Japon avec plus de 75% des écoutes consacrées à des artistes locaux.

Voir les statistiques complètes, par pays, au bas de l’article.

Toujours selon La Presse, la musique en anglais représente maintenant 84% de toute la consommation musicale au Québec sur les services comme Spotify, Apple Music et YouTube Music. 

Pourquoi en sommes-nous rendus là ?

Pour l’ADISQ, le problème n’est pas la qualité de la musique d’ici. Simon Claus, directeur aux affaires publiques et à la recherche de l’organisme, rappelle qu’à l’époque des CD, les albums québécois représentaient entre 40% et 50% des ventes.

“La musique québécoise n’est pas soudainement devenue moins bonne depuis qu’elle est sur les plateformes. Le manque de mise en valeur a beaucoup à voir là-dedans”, a fait valoir Claus lors d’une entrevue avec La Presse.

L’organisme québécois pointe notamment du doigt les algorithmes de recommandation et le manque de visibilité accordé aux artistes québécois sur les grandes plateformes internationales.

Plusieurs acteurs de l’industrie, incluant l’ADISQ, espèrent que les travaux du CRTC et la Loi sur la découvrabilité, adoptée au Québec l’an dernier, permettront de mieux mettre de l’avant les artistes locaux.

Les algorithmes sont souvent pointés du doigt, mais ils ne racontent pas toute l’histoire. Des pays comme l’Inde, le Japon ou la Corée du Sud utilisent les mêmes grandes plateformes que le Québec, mais ils enregistrent des taux d’écoute locale vraiment supérieurs. Les algorithmes ne peuvent pas, à eux seuls, expliquer la faible part d’écoute des artistes québécois.

Reste maintenant à voir si les mesures réclamées par l’industrie permettront de renverser la tendance dans les prochaines années.

De toute évidence, les habitudes d’écoute des Québécois ont grandement changé avec l’arrivée du streaming, et les raisons derrière le recul de la musique locale sont multiples et complexes.

Une chose est certaine : le Québec ne manque ni de talents ni d’artistes capables de rivaliser avec les plus grands noms de l’industrie.

Espérons que nos artistes réussiront maintenant à prendre une plus grande place dans les playlists des Québécois.

Part approximative de la musique locale dans les écoutes en ligne dans le monde

  • Inde : 85% 
  • Japon : 75%.
  • Brésil : 74%.
  • Corée du Sud : 70%
  • États-Unis : 67% 
  • Italie : 49%
  • Mexique : 48%
  • France : de 46%
  • Pologne : 41%
  • Argentine : 40%
  • Colombie : 36%
  • Allemagne : 34%
  • Espagne : 31%
  • Royaume-Uni : 30%
  • Suède : 28%
  • Pays-Bas : 25%
  • Chili : près de 21%
  • Pérou : 10%
  • Australie : 8%
  • Québec : 7%
  • Belgique : 6%
  • Suisse : 4%

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Pendant ce temps, voici les artistes et les chansons les plus écoutés au Québec en 2025.

[Via La Presse, ADISQ, Luminate]